• les bandes dessinées

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                    Les années 60 : les années Pilote  

    Lors de sa sortie en octobre 1959, l'hebdomadaire Pilote propose un journal tout public où l'on trouverait un rédactionnel de qualité et les meilleures bandes dessinées du moment... On peut lire Bison Noir de Guy Bertret, Jacques Ledrain et Lucien Nortier, P'Tit Pat gamin de Paris de Rémo Forlani et Jacques Dagues, Jacquot le mousse de René Goscinny et Christian Godard, Zappy Max de St Julien et Maurice Tillieux, Ivanhoé de Leroy et Antonio Parras ou bien encore le Démon des Caraïbes / Barbe-Rouge, Tanguy et Laverdure, Jacques Le Gall et Guy Lebleu, quatre séries réalistes scénarisées par Jean-Michel Charlier et dessinées par Victor Hubinon, Albert Uderzo, Mitacq et Raymond Poïvet... sans oublier les premières planches d'un duo de Gaulois appelé à un auguste destin : Astérix et Obélix. Pilote propose enfin ses fameux Pilotoramas (des double-pages didactiques mis en images par Jean-Louis Devaux, Louis Murtin ou Henri Dimpre) et le Petit Nicolas, une succession de récits rédigés par Goscinny et illustrés par Jean-Jacques Sempé.

    L'hebdomadaire Pilote surprend d'emblée par son professionnalisme et son aspect novateur ; il ne tarde guère à symboliser le renouveau de la bande dessinée française des années 60 et devient le périodique préféré des enfants, puis des adolescents. Si l'on en croit la légende, les 300 000 exemplaires du premier numéro de Pilote se seraient vendus en quelques heures... en réalité, il fallut attendre quelques jours pour en épuiser le tirage !

    Jean Tabary crée Valentin le vagabond, Jean Chakir anime Tracassin, en 1963, Jean Giraud s'associe avec Charlier et met en selle Blueberry ; Greg dessine les premiers gags d'Achille Talon ; Cabu donne naissance au Grand Duduche ; Yves Duval et Mic Delinx content les exploits de Buck Gallo ; Christian Godard en fait de même avec Norbert et Kari ; Martial n'est pas en reste avec Tony Laflamme. En 1965, Marcel Gotlib signe les Dingodossiers scénarisés par Goscinny ; Fred donne le jour au poétique Philémon ; Gérald Forton reprend la destinée graphique de Bob Morane, d'après l'oeuvre romanesque d'Henri Vernes ; Nikita Mandryka scénarise ou dessine quelques courts récits sous le pseudonyme de Kalkus. En 1966 et à la suite de la deuxième interdiction d'Hara-Kiri, Gébé et Jean-Marc Reiser conçoivent leurs premières histoires courtes pour Pilote ; Gérard Pradal et Florenci Clavé prennent le large avec l'enseigne de vaisseau Rémi Herphelin. En 1967, Pierre Christin et Jean-Claude Mézières expédient Valérian au fin fond de l'espace ; Jacques Lob et Georges Pichard explorent quant à eux l'univers aquatique de Submerman.

    1968

    En 1968, René Goscinny alors rédacteur en chef décide d'orienter Pilote vers un public plus âgé et lance les "pages d'actualités" où débuteront bon nombre d'artistes aujourd'hui reconnus comme le regretté Alexis. Parallèlement, Lob et Robert Gigi ouvrent le Dossier des Soucoupes Volantes ; Gotlib se lance seul dans sa Rubrique à Brac ; Avec l'inénarrable Cellulite, Claire Bretécher se fait la zélatrice du féminisme. Apparus à l'origine dans Record et Spirou, Iznogoud de Jean Tabary et Lucky Luke de Morris font une entrée remarquée dans Pilote... les productions scénarisées par Goscinny sont dès lors réunies sous une seule et même bannière, celle d'un journal qui ne tardera pas à "s'amuser à réfléchir".

    Autre événement d'importance : la sortie en septembre 1960 du mensuel Hara-Kiri. Placé sous la houlette de Georges Bernier (alias le Professeur Choron) et de François Cavanna, ce magazine dépoussière durablement le genre satirique. On y trouve des photographies et autres publicités détournées, de nombreux textes illustrés... ainsi que quelques bandes dessinées réalisées par Roland Topor, Fred, Jean-Marc Reiser, Cabu, Gébé et Georges Wolinski, très vite rejoints par Pierre Fournier ou Willem. En 1962 - après une première interdiction -, la rédaction du journal passe de la rue Choron à la rue de Montholon et adopte les éditions du Square comme raison sociale. En 1969, ce label diversifie ses activités et propose Hara-Kiri Hebdo, qui sera rebaptisé peu après Charlie-Hebdo... Les éditions du Square publient Charlie Mensuel, une revue inspirée de Linus, un magazine italien apparu quatre ans plus tôt. Tout en proposant diverses productions américaines et britanniques le magazine accorde une place importante à la bande dessinée d'auteur italienne et argentine (Buzzelli, Manara, Crepax, Breccia, Jacovitti, Sampayo et Mu-oz). Charlie Mensuel se veut également un support unique d'expression. Si on y trouve les incontournables Cabu, Wolinski, Gébé et Reiser, quelques séries et histoires complètes dessinées par Georges Pichard, Copi ou Dimitri, le lecteur découvre également les premières planches de Jean-Pierre Autheman, Alex Barbier, Philippe Bertrand, Régis Franc, Golo, Francis Masse, Chantal Montellier, René Pétillon, Alex et Daniel Varenne, Jean-Pierre Autheman, Dominique Rousseau, Charlie Schlingo, Joost Swarte ou Willem. Ouverte à toutes les expériences, Charlie Mensuel s'impose rapidement comme l'une des meilleures revues spécialisées.

    Vers une reconnaissance officielle du 9 e art

    Tout au long de la décennie, la bande dessinée francophone connaît une importante mutation. Des revues éphémères comme V Magazine, Chouchou ou Pogo, proposent des récits pour adultes conçus par Georges Pichard, Robert Gigi ou Raymond Poïvet. Editeur de Benjamin Peret et des derniers membres du groupe surréaliste, Eric Losfeld se lance lui aussi dans la bande dessinée d'auteur et publie dès 1964 de luxueux ouvrages conçus par Jean-Claude Forest (Barbarella), Guy Peellaert (Pravda la Survireuse, Jodelle - texte de Pierre Bartier), Paul Cuvelier (Epoxy), ou Philippe Druillet (le premier épisode de Lone Sloane), Alain Resnais, Evelyne Sullerot, Jean-Claude Forest, Rémo Forlami, Francis Lacassin, Jean-Claude Romer, Pierre Couperie, Claude Moliterni ou Edouard François militent pour la reconnaissance officielle de la bande dessinée. Le Club des bandes dessinées - fondé en 1962 et rebaptisé le C. E. L. E. G. (Centre d'étude des littératures d'expression graphique) publie la revue Giff-Wiff. En 1966, la S. E. R. G. (Société d'Etudes et de Réalisations Graphiques) se spécialise dans l'étude de ce que l'on appelle désormais le 9 e art. Outre Phénix, l'une des meilleures revues du genre, ce label publie divers albums dessinés par Robert Gigi ou Georges Pichard. En 1967, la S. O. C. E. R. L. I. D. (la Société civile d'études et de recherches des littératures dessinées) conçoit l'exposition "Bande dessinée et figuration narrative" au Musée des arts décoratifs (Paris).

    Face à cette émergence de la bande dessinée pour adultes, la presse catholique française tente de résister. En 1962, la Bonne Presse s'associe avec l'éditeur Dargaud et propose le magazine Record, héritier direct du journal Bayard. On y trouve notamment le débonnaire Haroun El Poussah et son ignoble conseiller Iznogoud, de René Goscinny et Jean Tabary - une série accueillie six ans plus tard dans Pilote. De leur côté, Coeurs Vaillants et Âmes Vaillantes se muent sans grand succès en J2 Jeunes et J2 Magazine.

    Malgré l'arrivée de nouvelles séries, Spirou est confronté à une grave crise d'identité. La bande dessinée francophone pour enfants n'a pourtant pas dit son dernier mot. En 1965, Greg devient le rédacteur en chef de Tintin et accueille de nouveaux auteurs comme Dany (Olivier Rameau), Dupa (Cubitus), Bob De Groot et Turk (Robin Dubois), William Vance (Bruno Brazil), Eddy Paape (Luc Orient), Claude Auclair (les Naufragés d'Arroyoka, puis Simon du Fleuve), Derib (Go West, puis Buddy Longway), Walter Fahrer (Cobalt) et Hermann (Bernard Prince et Comanche). Rapidement, l'hebdomadaire connaît un regain d'intérêt et conquiert même toute une nouvelle génération de lecteurs. Le journal Vaillant subit également d'importantes modifications. En 1962, le périodique accueille Marcel Gotlib qui propose tour à tour Nanar et Jujube, puis son hilarant Gai-Luron. En 1963, on y retrouve Teddy Ted de Francisco Hidalgo et les As de Greg. En 1969, l'hebdomadaire est rebaptisé Pif Gadget. Les récits à suivre sont dès lors remplacés par des histoires complètes et de nouvelles séries font leur entrée : Corto Maltese d'Hugo Pratt - un personnage apparu dès 1967 dans le magazine italien Sgt-Kirk - et Rahan d'André Chéret.

     

     

    Couverture Série Album Commentaires Alternative
    Achille Talon

    Greg (1963)
    Le roi des Zôtres

    Archétype du Français moyen, Achille et ses amis se sont exprimés avec leur langage propre sous la plume de Greg depuis plus de 30 ans   
    Astérix

    Uderzo / Goscinny (1961)
    Le tour de Gaule

    1965
    Que dire...?  Astérix en Corse, Le combat des chefs, la Zizanie 
    Benoit Brisefer

    Peyo (1962)
    Madame Adolphine

    1963
    Petit garçon doté d'une force herculéenne, une série pleine de fraicheur de Peyo. Uniquement ceux dessinés par Peyo   
    Bernard Prince

    Hermann / Greg (1969)
    La forteresse des brumes

    Série-type de grandes aventures, les scénarios de Greg mis en valeur par Hermann. Uniquement ceux dessinés par Hermann   
    Blueberry

    Giraud / Charlier (1965)
    La mine de l'Allemand perdu

    Série mythique, ce cycle-ci est un des meilleurs, incontournable de toute façon à condition de rester avec le duo créateur  Le cycle Chihuahua Pearl qui suit 
    Boule et Bill

    Roba (1962)
    Papa, Maman, Boule et moi

    Une des premières BD familiales, gros succès et plein de charme.  La Ribambelle 
    Bruno Brazil

    Vance / Greg (1969)
    Quitte ou double pour Alak 6

    Grande série d'aventures et d'espionnage, un classique du genre mais à l'époque, faire mourir ses héros, ça ne se faisait pas…   
    Chaminou

    Macherot (1965)
    Chaminou et le Khrompire

    1965
    Surprise : Macherot pouvait être "méchant". Grosse surprise à l'époque, assez loin de Chlorophylle, habituelle satire de la société , le succès n'a pas été au rendez-vous…et c'est dommage.   
    Clifton

    Macherot (1961)
    Les enquêtes du colonel Clifton

    1961
    Escapade policière de Macherot, le détective plus British que British, un ton plus sérieux que les reprises.  La bonne reprise par Turk et De Groot 
    Epoxy

    Cuvelier /Van Hamme (1968)
    Epoxy

    1968
    Premier scénario de Van Hamme. Dessin très "physique" de Cuvelier. Une histoire mélant érotisme et mythologie et de plus éditée par Losfeld, à l'époque plus mythique que ses auteurs.   
    Gaston

    Franquin (1960)
    Le cas Lagaffe

    Que dire aussi de cet anti-héros génial et sentimental. Peut-être le plus beau personnage de toute la BD... A lire à doses intensives...   
    Iznogoud

    Tabary / Goscinny (1966)
    Le grand vizir Iznogoud

    1966
    Autre exemple de la palette de Goscinny, le Grand Vizir Iznogoud propose les pires jeux de mots de toute la BD. Toute la série est bonne même les albums faits par Tabary seul...c'est assez rare pour le signaler.   
    Jacques Le Gall

    MiTacq / Charlier (1960)
    Premières aventures

    Superbe exercice de style de MiTacq avec ces aventures mystérieuses signées par un Charlier en pleine forme et dessinées au lavis. A ne pas lire le soir, seul dans le noir…   
    Marc Dacier

    Paape / Charlier (1960)
    Aventures autour du monde

    1960
    Aventures pures et dures à la Charlier. Des dialogues percutants, des scénarios taillés au rasoir, toute une époque...rétro aujourd'hui mais plein de charme. La grande époque de Spirou en fait…   
    Oumpah-Pah

    Uderzo / Goscinny (1961)
    Oumpah-Pah et les pirates

    1962
    Prédécesseur d'Astérix, les mêmes ingrédients sont déjà là mais la série n'a pas survécu à la tornade gauloise.   
    Pravda la Survireuse

    Peellaert / Thomas (1968)
    Pravda la Survireuse

    1968
    Une curiosité des années 60, d'un style unique issu de l'époque psychédélique, c'est un OVNI dans la production BD   
    Ric Hochet

    Tibet / Duchateau (1963)
    Traquenard au Havre

    1963
    Journaliste-détective aux aventures innombrables, la série existe toujours mais ce premier album est vraiment très bon   

     

     
     

    Giorgio Rebuffi, le dessinateur de PIPO
    Le dessinateur italien Giorgio Rebuffi, a oeuvré dans nombre de journaux français des années 50 à 80 (PIPO, PIM PAM POUM, PEPITO, BIMBO etc...). Créateur infatigable et prolixe, il élabore de nombreux personnages. Né à Milan en 1928, Rebuffi abandonne ses études de médecine pour se consacrer à la bande dessinée et entre en 1949 aux éditions ALPE où il crée "Bingo et Bongo" et "Fox le Shériff".

     
       
       

    L'éditeur lui demande alors de reprendre Pipo et Concombre (Cuccioli et Beppe en Italie), personnages inventés par Rino Anzi et Giuseppe Caregaro en 1940. Rebuffi modifie ces héros en les 'humanisant' et en leur adjoignant des 'compagnons' qui vont rapidement mener la série vers le succès. Grand professionnel, Rebuffi réalise des BD où l'humour est omniprésent et vivant et dans lesquelles il n'hésite pas à mettre en avant les travers humains en les parodiant dans des scènes ou des situations les plus originales.
    En France, les bandes de G. Rebuffi ont presque toutes été  publiées par les éditions LUG. En ce qui concerne "Pipo et Concombre" un titre spécifique ainsi que des numéros spéciaux lui étaient  consacrés, puis PIPO fusionnera avec PIM PAM POUM, un autre périodique de la même maison d'édition pour devenir PIM PAM POUM PIPO. Rebuffi a également dessiné quelques épisodes de
    Pantaleo et Coriolan d'après W. Faccini, l'histoire d'un jeune homme accompagné d'un énorme gorille boxeur, parus dans PIPO. Fox le shériff, paraîtra dans PIPO (édité par la SAGE) et Bingo et Bongo paraîtra dans PEPITO. Ajax le fantôme, sera lui, publié dans BIMBO, un fascicule édité par la SFPI.

     
           
       
       

    Les personnages :
    Il y a d'abord Pipo, un jeune homme intelligent et rusé toujours accompagné de son ami Concombre, et d'Elastoc, (Tiramolla en Italie) un curieux individu filiforme et élastique capable de prendre n'importe quelle forme et de se sortir de n'importe quelle situation. Le trio de choc joue les détectives et se retrouve toujours nez à nez avec Bombarde, un personnage patibulaire et malsain qui tient le rôle du 'méchant de service' tout au long des nombreux épisodes. 
    On notera également la présence de
    Jonas, le cousin de 'Pipo', qui porte systématiquement la poisse à son entourage et l'insaisissable et mystérieux individu masqué nommé Fantasmak. Autres personnages hauts en couleurs, Concombrette, la cousine de 'Concombre', toujours accompagnée d'un kangourou qui s'exprime exclusivement à l'aide de pancartes et Pougatchoff, un loup des steppes qui termine toutes ses phrases en 'ski' ou en 'off' pour bien marquer ses origines 'slaves'. Ce dernier n'a d'ailleurs qu'un seul souhait, faire passer l'ignoble 'Bombarde' à la casserole et le bouffer...

     
           
         
       
       

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