•  

                                                                    LA COMPAGNIE  WILLIAMS

     

    En 1933, Harry Williams travaille sur le Contact et introduit pour la première fois dans l'histoire: l'électricité dans un appareil. Ce qui permet non seulement d'éclairer certaines parties, mais aussi d'en modifier le cours du jeu. Pour empêcher les joueurs de trop secouer l'appareil et pratiquement de tricher, il invente le Tilt pendulaire. En 1946, il fonde la WILLIAMS MANUFACTURING COMPAGNY, et vient concurrencer Bally et Gottlieb déjà installés sur le marché depuis plusieurs années. Le premier modèle Williams s'appelle le Suspense. En 1951, sort le Hayburners qui est en fait un flipper tiercé avec un fronton animé: le joueur choisit son cheval en début de partie et le fait avancer en visant les cibles et bumpers adéquats. La course est retransmise en temps réel dans le fronton. Le Sea Jockeys utilise le même procédé, mais avec des bateaux. En 1952, le All American Quarterback bénéficie d'une animation fronton.

     

     

     

    En 1953, sortent le Gun Club et le Struggle Buggies, les premiers score réels de la compagnie. Le Nine Sisters est un modèle qui n'est équipé que d'un seul flipper. En 1955, le premier modèle à 4 joueurs et multiball fait son apparition: Race the Clock. En 1956, le Hot Diggity est le premier flipper à bénéficier du "Spelling Out", système qui allume des lettres sur la glace pour former des mots: W-A-L-T-Z pour allumer un trou et gagner 1 partie, et H-O-T D-I-G-G-I-T-Y pour 5 parties. Et en 1958, le Gusher et le Sea Wolf utilisent un bumper qui disparaît et apparaît sur le plateau: il s'agit du Disappearing Bumper. Au début des années 60, le Darts au design très léché arrive sur le marché. Il faut dire que cette période est très novatrice chez Williams. En 1960, le Jungle et son animation de fronton attire les joueurs. En 1962, il crée la fameuse Cible Escamotable, qui disparaît sous le plateau quand elle est touchée: le Vagabond. Le King Pin avec ses Rollovers Buttons: des pastilles sur le plateau qui marquent, lorsque la bille passe dessus et permettent de jouer une pseudo partie de bowling, car elles sont disposées comme des quilles de bowling. Comme la mode est au fronton animé, Williams sort le Beat The Clock (premier multibille) en 1963 et le Heatwave en 1964: un thermomètre dont la température monte et permet de gagner une partie.

     

     

     

    Gottlieb est le spécialiste du jeu de cartes, mais Williams reste celui du billard et en 1966, il sort le Eight Ball (jeu 2 joueurs) qui mémorise les cibles touchées pour chaque joueur: un système mémoire assez précurseur. La première bille captive dans une roulette pour A Gogo. Comme Gottlieb, Williams sort une série de flippers qui permet de gagner soit une partie, soit une extraball: Zig Zag - Wing Ding (fronton animé), Lucky Strike - Bowl a Strike, Full House - Top Hand, Blast Off - Apollo, Alpine Club - Ski Club. En 1967, le Magic City est un jeu qui marche plutôt bien et c'est peut-être du à son superbe design. Norman Clark (Designer chez Williams), veut inclure un effet 3D en mouvement à la fontaine sur la glace. Système alors, très en vogue dans les lampes. Mais vu le prix de la production, Williams préfère abandonner ce projet. Les Beatles alors en pleine gloire, Williams réalise le Beat Time (2800 exemplaires) à l'effigie du célèbre groupe: flipper très très recherché par de nombreux collectionneurs. En fait, il s'agit d'un plagiat et il les renomme les Bootles sur la glace. Pourquoi les Beatles et pas les Stones, sûrement l'image différente renvoyée par les deux groupes et recherchée aussi par Williams. Anecdote, les Stones attendront les années 80 pour avoir un flipper à leur image et bien sûr chez Bally.

     

     

     

    En 1968, c'est la révolution, Williams sort le premier flipper équipé de doigt de flipper long (3 inches), il s'agit du Hayburners II, encore un flipper tiercé dont l'engagement se fait au centre des flippers (bouton) et non à droite comme à l'accoutumée. En 1969, nouvelle invention de Williams, le Up Post, le fameux cylindre rouge situé entre les flippers qui empêche de perdre la bille au centre, et qui se lève et s'abaisse selon certains critères: il a trompé plus d'un joueur. Le Cabaret, le Doodle Bug et le Gold Rush adoptent ce système. Le Suspense captive les joueurs avec sa roulette placée à l'intérieur du plateau. A la fin des année 60 et début des 70, le design des personnages est d'un style angulaire: Solid'n Stripes, Stardust et Gulfstream. Le Spanish Eyes quand à lui, possède un bumper au centre, entre deux flippers assez écartés, impossible d'effectuer la moindre fourchette. Le Roto, le Jive Time ont sur leur glace de fronton une roulette qui tourne: elle permet de gagner des points (Roto), un special ou de sauver les sorties latérales (Jive Time). Ils sortent aussi en double version: Roto - Expo, Jive Time - Rock'n Roll. En 1973, plusieurs flippers sortent avec des plateaux de jeu assez originaux. Dans le Travel Time, le nombre de billes est uniquement limité par le temps. Dans le Jubilee, 5 billes captives , dans un fer à cheval.

     

     

    Paradoxalement, c'est un jeu attirant au début (rare de voir des billes captives), mais pauvre en matière de jeu pur. Dans le Fun Fest, la première Swinging Target voit le jour: il s'agit d'une cible qui oscille telle un métronome au centre du plateau - selon l'endroit où elle est touchée, elle marque plus ou moins de points. C'est le centre qui rapporte le plus mais gare à l'avion, système aussi fragile. Le modèle OXO, dont la glace reste l'archétype du design angulaire, permet quand à lui de jouer au morpion sur le plateau. Les couloirs et les cibles allument des X ou des O sur le plateau, mais il demeure un jeu assez difficile à jouer. C'est un peu le problème des jeux Williams, ils n'ont pas la jouabilité des Gottlieb par exemple. Plusieurs flippers sortent en 1974, le Dealers Choice, le Star Pool, et le Super Flite (2 joueurs) - le Strato Flite (4 joueurs). Le Black Gold, modèle de 1975 très rare construit à 55 exemplaires. En 1975, le Space Mission (11 652 exemplaires) avec son thème spatial (très populaire après les missions de la NASA), est un énorme succès. A l'approche de l'ère électronique, les derniers modèles électromécaniques sortent de la production Williams: Big Deal, Wild Card, Hot Tip, Argosy.

     

     

     

    Le Hot Tip sort en double version EM et électronique, ainsi que le Lucky Seven (elect) avec son plateau Jackpot. Et en cette fin de décennie, les premiers flippers électroniques voient le jour: World Cup, Contact et Pokerino. Et pour le Contact et le Pokerino en version extra large. Bizarrerie chez Williams avec le Disco Fever (inspiré de la Fièvre du Samedi Soir) et le Time Warp: ils possèdent tous les deux des flippers en forme de banane: idéal pour les amorties et tir de revers, mais pas très adapté aux fourchettes. En 1979, les bruitages font leur apparition avec le Flash, produit à 19 505 exemplaires. Le fond sonore augmente à mesure que la bille reste en jeu. Toujours au chapitre du son, le Gorgar est le premier flipper parlant (voix synthétique) de l'histoire et s'adresse directement au joueur. Il est produit à 17 410 exemplaires. Le premier multiball électronique: le Firepower avec son système Change Lane: grâce aux flippers, ce système permet au joueur de choisir le couloir à allumer au passage de la bille. Ainsi, en passant dans le même couloir, on obtient la multiplication des bonus. Toujours plus fort, le Black Knight (produit à 13 075 exemplaires), considéré comme un Must, possède 2 niveaux de jeu et un nouveau système appelé le Magna Save: un électroaimant placé sous le plateau, permet au joueur de sauver une bille qui file sur les côtés.

     

     

     

    A l'aide d'un deuxième bouton, situé à côté des boutons de flippers: il faut être rapide, car un joueur n'a pas forcément l'habitude de se servir de 4 boutons. Et que dire du bonus temps (30 à 60 secondes supplémentaires) attribué au meilleur score des différents tableaux. Tout ça dans un seul flipper. Williams produit d'autres flippers à deux niveaux: Jungle Lord, Pharaoh et Solar Fire. Côté design, la glace du Barracora est une réussite. En 1983, comme Bally ou Gottlieb, Williams sort d'anciens jeux sous d'autre nom: Warlock (Blackout) et Laser Cue (Alien Poker). Les jeux vidéos menacent le marché et Williams sort au salon annuel des jeux, le Space Shuttle (son thème porte-bonheur): succès immédiat car le Space Shuttle est l'aboutissement d'années d'expérience. Le graphisme, les effets spéciaux et le jeu lui-même sont au rendez-vous. En 1985, Williams devient WMS et continuera à produire des flippers. La compagnie Williams a beaucoup contribué techniquement au monde du flipper, avec de nombreuse inventions comme le tilt ou la cible escamotable.

     


    votre commentaire
  •  
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
    MON FLIPPER
     
     
     
     
     
     

    votre commentaire
  •                                                            COMPAGNIE  GOTTLIEB

    La compagnie Gottlieb fondée en 1930 par David Gottlieb, rencontre son premier succès avec le Baffle Ball en 1931. Le Baffle Ball (entièrement mécanique) vendu à plus de 50 000 exemplaires au prix de 17,50 dollars, ne possède pas encore de flipper: une version électrique du Baffle Ball est construite en 1935. A noter, qu'il ne posséde pas de glace frontale. En 1947, grande date car jusqu'à là c'est un jeu de hasard, Harry Mab invente pratiquement par hasard les fameux doigts de flipper, qui permettent de renvoyer la bille sur le plateau et donc d'intervenir sur le déroulement de la partie.

     

     

    D'ailleurs, c'est de là que vient le terme " Flipper " (utilisé en France et en Allemagne). Le premier flipper à bénéficier de cette nouvelle invention s'appelle Humpty Dumpty, créé la même année, il est fabriqué à plus de 6500 exemplaires et la fameuse formule " A Game of Skill " (un jeu d'adresse) fait son apparition. Formule très accrocheuse, car maintenant la technique du joueur entre en ligne de compte, et comme tout jeu d'adresse, seul un entraînement assidu permet de gagner et donc de jouer plus longtemps. A cette époque, les flippers sont présents un peu partout sur le plateau, car ils ne sont pas encore assez puissants pour renvoyer la bille jusqu'en haut du plateau. Particularité pour le Three Musketeers avec ses flippers inversés. Plus tard, ils trouveront leur place définitive en bas de plateau . Au début des années 50, le Flying High, Queen of Hearts et Gypsy Queen donnent un aperçu du style Gottlieb. Le Knock Out avec son animation plateau et le Mermaid avec la première animation contenue dans la glace de fronton. Dans les années 50, Gottlieb alors leader sur le marché (qualifié plus tard, Roi des années 50), innove très fort, d'une part en équipant ses glaces avec des animations, et d'autre part en étant le premier constructeur à inclure des compteurs à rouleaux pour le comptage des points

     

     

     

    Auparavant, selon le principe des glaces à Millions, le joueur devait lui-même compter ses points en additionnant les secteurs éclairés, réservés aux millions, aux 100 000 points et 10 000 points. En 1954, Gottlieb sort le premier flipper permettant 4 joueurs (1-2-3-4 players can play at the same time): le Super Jumbo (très très rare). Avant, il ne s'agissait que d'un jeu individuel. L'autre célèbre formule " It's more Fun to Compete " (il est plus amusant de se mesurer aux autres) fait son apparition. Formule compétitive qui introduit la notion de rivalité (typique ados) et qui multiplie aussi le nombre de joueurs. Formule reprise par le groupe Téléphone, bien des années plus tard dans la chanson " Flipper ". Avec le Mystic Marvel, Gottlieb introduit la notion de mise de départ (principe du pari d'argent), qui double le nombre de parties gagnées, si le joueur introduit au départ 2 pièces. En 1955, Gottlieb sort le premier appareil à deux joueurs, le Duette, et continue à produire des modèles individuels. Easy Aces est le premier flipper qui possède des pieds en métal. Vers la fin des années 50, naissent une série de flipper avec des frontons animés: Sitting Pretty, Hi- Diver, Miss Annabelle et Universe. A partir des années 60, Gottlieb cesse sa production de flippers à Millions pour se consacrer uniquement aux flippers à compteurs de 3 ou 4 chiffres.

     

     

    Certainement pour simplifier le score des joueurs. Dancing Dolls est le dernier flipper à Millions produit par Gottlieb. Donc au début des années 60, Gottlieb toujours novateur, invente le système Add-A-Ball (l'ancêtre de l'ExtraBall) et sort le Flipper qui remporte beaucoup de succès auprès des joueurs. Attention le joueur ne gagne plus des parties gratuites mais augmente seulement son temps de jeu. La série " Flipper " continue avec le Flipper Parade, le Flipper Fair, le Flipper Clown et le Flipper Cowboy. En 1963, Gottlieb invente le spinner (cible tourbillonnante) selon le principe suivant: plus elle tourne vite et plus elle marque des points. C'est le Swing Along qui bénéficie le premier de ce système. La même année sort le Gaucho (vu dans le film: Le clan des Siciliens) avec sa glace en Plexiglas très légère qui peut même se tordre. Cette technique est aussi utilisée pour Happy Clown, Masquerade, Flying Chariots et Flying Circus. Et Sweet Hearts est le dernier flipper avec des Gobbles Holes: trous qui permettent de gagner une partie ou pas mal de points, mais qui sonnent la fin de la partie. Certains modèles sortent avec des frontons animés: Flipper Parade, Skyline, Masquerade, Crosstown, Central Park, Dancing Lady, Dodge City, Hurdy Gurdy, Mibs, Miss Annabelle, Happy Clown. L'extraball apparaît pour la première fois avec le Thoro Bred.

     

    En 1966, le Dancing Lady possède un Automatic Ball Lift: avant, il y avait un monteur et un lanceur. Plusieurs modèles en version double: la première permet de gagner des parties et la deuxième des extraballs: Buckarro - Cow Poke, Bank A Ball - Flipper Pool, Ice Revue - Ice Show, King of Diamonds - Diamond Jack, Royal Guard - Palace Guard. Enfin, d'autre modèle se destine au marché Italien: Hit a Card. En 1970, le Snow Derby est le premier flipper équipé de bornes de Bonus, système qui permet de gagner en cours de partie des points, qui sont ensuite comptabilisés lorsque le joueur perd la bille. Auparavant, pour claquer ou obtenir une bille supplémentaire, le joueur ne pouvait uniquement compter que sur son temps de jeu réel: très frustrant lorsqu'il lui manquait un point. Le Playball est le premier flipper Gottlieb à bénéficier de long doigts de flipper (3 inches). En 1972, Orbit et sa Vari Target: une cible graduée qui marque plus ou moins de points selon la force d'impact de la bille. La même année sort le Jack in the Box avec une série de 10 fiches à abattre. Malheur à celui qui démonte ce système, car il passera des heures à le remettre en place. Le Big Indian (initialement prévu comme Big Injun) possède quand à lui des fiches, et une Vari Target.

     

     

    Pour pimenter le jeu, les cibles qui rapportent le plus de points sont aussi en général, les plus difficiles et les plus risquées à atteindre. On attire l'attention du joueur avec ce type de système: le Special en rouge et l'extraball en rose, s' ils sont allumés en même temps, ils troublent le joueur au moment du choix de son tir. En 1972, sort le King Rock avec des doubles flippers, système assez traitre car la bille peut passer entre les flippers ou se coincer au milieu. Certains modèles sortent en version 2 ou 4 joueurs comme : Quick Draw - Fast Draw, Duotron - Magnotron (inspiré du film Planète Interdite et représentant Robbie le Robot), Big Shot - Hot Shot, Soccer - Super Soccer, Super Spin - Jet Spin, Card Whiz - Royal Flush. En 1975, selon le principe du Rack A Ball ou du Mibs, le Super Soccer et le 300 possèdent un fronton animé qui permet de comptabiliser les bonus. Intégré parfaitement au décor, des boules rouges symbolisent les bonus acquis. Procédé assez bruyant au décompte et Gottlieb arrête ses modèles. En 1976, pour fêter le Bicentenaire des Etats-Unis, Gottlieb sort le Spirit of 76 à 10 000 exemplaires: son record personnel. A ce moment là, sort aussi le Canada Dry (célèbre boisson gazeuse non-alcoolisée dont la pub nous rappelle l'époque de la prohibition) destiné au marché Français et Canadien.

     

    En 1977, le même modèle (avec ses 15 fiches) nommé Target Alpha fait son apparition sur le marché mondial. A Noter, la version 2 joueurs , le Solar City. En cette fin des années 70, des flippers comme le Vulcan ou le Jungle Queen dépassent les 100 000 points au compteur. Le Centigrade 37 est l'un des derniers modèles avec une animation fronton. Modèles particuliers: Hit The Deck qui donne l'illusion d'utiliser un compteur électronique et Asteroid Annie l'unique flipper électronique à un seul joueur. Au début de l'ère électronique, période prometteuse mais nébuleuse, des flippers comme le Cleopatra (EM S1), le Joker Poker (EM S1), le Sinbad (EM S1), le Dragon (EM SS) ou encore le Charlie's Angels (EM SS), le Close Encounters (EM S1)(très rare) et le Solar Ride (EM SS) sortent en version électromécanique et électronique. A noter, les versions spéciales 2 joueurs: Pyramid (Cleopatra), Eye of the Tiger (Sinbad) et Space Walk (Count Down). Désormais, fini les flippers à 1 ou 2 joueurs (à quelques exceptions: TKO, Rock Star), la production est entièrement tournée vers l'électronique et inspirée par le cinéma, les séries TV ou les Comics: Charlie's Angels, Hulk, Buck Rogers, Spiderman, Pink Panther et James Bond avec son système si particulier de Bonus secondes.

     

    Au début des années 80, certains flippers sont plus larges que d'habitude, comme le Roller Disco, le Genie, le Spiderman ou le Timeline. En 1981, Mars et Volcano sortent avec des glaces à effet de perspective ou d'ambiance. En 1982, la mode est aux flippers multi-niveaux avec le Black Hole ou Haunted House (premier triple niveaux): de véritables usines à gaz avec même des flippers inversés pour compliquer le jeu. Le cinéma et la boxe sont à l'honneur avec le Rocky. En 1983, le mélange flipper et jeux vidéos donnent naissance au Qbert Quest, mais sans grand succès. En cette période difficile pour tous les fabricants de flipper, Gottlieb comme Bally avec son célèbre Fireball des années 70, décide de ressortir de nouvelles versions de ses anciens jeux (peut-être un signe d'impuissance face à la montée en puissance des jeux vidéos: Super Orbit (Orbit 1972), Royal Flush de Luxe (Royal Flush 1976), Amazon Hunt (Fast Draw 1975). Malheureusement, le nouveau public semble de plus en plus s'orienter vers les jeux vidéos. En 1984, la crise est telle que Gottlieb (département jeux chez la puissante Columbia depuis les années 70) doit fermer boutique, et c'est grâce au dévouement de Gil Pollack (employé chez Gottlieb), que l'aventure se poursuit, mais désormais Gottlieb se nomme " Premier Technology ".

     

     

    Et en 1986, l'impensable devient réalité avec le Raven qui entre dans l'histoire (par la petite porte), comme étant le premier flipper dont la glace est une photographie (rambo féminin) collée sur sa vitre. Notez que le thème militaire n'avait quasiment jamais été utilisé. Prémice d'une dure réalité économique, pour celui qui fût l'un des grands constructeurs de flippers au monde.
    La compagnie Gottlieb reste dans les mémoires, comme étant celle qui a produit le plus d'exemplaires de flipper et qui a apportée tant d'innovations techniques au monde du flipper: l'invention des doigts de flipper et des 4 joueurs ont énormément contribué au développement du flipper. Ses modèles restent un exemple de jouabilité, d'ergonomie et de simplicité de jeu. Le design (Gordon Morison) de ses glaces de flipper est directement inspiré du style bandes dessinées humoristiques, mettant en valeur ses inoubliables pin-up.

     


    votre commentaire
  •  

                                                   LA COMPAGNIE  BALLY

     

    La compagnie BALLY fondée en 1932 par Ray Moloney remporte son premier succès en 1947 avec le Ballyhoo et ses couleurs arc en ciel. Le Ballyhoo restera célèbre car il donnera son nom à la compagnie BALLY MANUFACTURING COMPAGNY. En 1947, Bally est le premier à équiper un flipper d' un système de Pay-Out automatique et de bumpers. Les années 50 sont difficiles pour la production de flipper car elle produit peu de modèles: le Balls-A-Poppin, Beach Queens, Circus. A noter le Target Roll avec sa roulette. Durant cette période, Bally ne construit que des Flippers-Bingos et il faut attendre 1963 pour qu'il recommence à fabriquer des flippers: le Moon Shot. Dans les années 60, Bally invente le système de la porte latérale et les zipper-flippers qui en se rapprochant, évitent de perdre la bille au centre. Le Bazaar est le premier avec des zippers-flippers. En 1966, sort le Fun Cruise et son plateau sans flippers. Mais le succès arrive avec le Capersville fabriqué à plus de 5000 ex: c'est un multibille (3 billes à la fois) au design assez géométrique.

                                    

    En 1968, le Safari et en 1969, Op Pop Pop, On Beam et King Tut. Dès le début des années 70, Bally donne le ton avec Four Million BC : son design préhistorique parfaitement intégré au jeu, et son lance-bille qui propulse la bille en diagonale sur le plateau, en font un modèle d'avant-garde et toujours recherché par les collectionneurs. En 1972, sort le Time Tunnel inspiré de la série TV. Tout au long des années 70, Bally marquera l'esprit des joueurs avec des flippers tels que le Fireball qui comporte un multibille, des zipper-flippers et un plateau tournant en caoutchouc, qui dévie la bille de façon aléatoire. Le moment est venu d'ouvrir une parenthèse sur un dessinateur nommé Dave Christensen " le maestro de la glace de flipper " , qui élève le design du flipper à un niveau jamais atteint jusqu'àlors. Rien que la glace de flipper, attire plus d'un joueur à venir glisser une pièce dans la fente de l'appareil. En 1975, dessiné par D. Christensen, Wizard est construit à 10 000 exemplaires et en 1976 Captain Fantastic à 16 155 exemplaires, d'où l'influence certaine du design, de l'accroche, car ces deux flippers en matière de jeu pur sont plus difficiles que les flippers Gottlieb de la même époque, par exemple. Notons la sortie du Aladdin's Castle, et sa glace sortie des Mille et une Nuits. Il existe aussi une version Home Model pour le Fireball et le Captain Fantastic.

     

    Mais qu'importe, même si on joue moins longtemps, la référence et la préférence vont du côté de chez Bally. Notons aussi, que le Captain Fantastic est le dernier flipper électromécanique (4 joueurs) construit par Bally. Car nous abordons maintenant une période charnière, celle du passage de l'électromécanique à l'éléctronique. Bally, alors numéro 1 mondial, décide de décliner sa production en deux versions du même flipper: une toujours électromécanique et une autre éléctronique, avec tous les avantages que cela suppose (comptage des points, record et mémoire des cibles abattues). Des flippers tels que le Freedom (mec) (elect) et le Nightrider (mec) (elect) sortiront en double version. Le Matahari (mec) (elect) et le Evil Knievel (mec) (elect) aussi mais en quantité limitée (très rare). A l'exception du Kiss (elect) (elect allemagne), produit en double version, une pour l'Allemagne et une autre pour le reste du monde: attention, il s'agit de deux versions électroniques mais avec des " S" différents pour des raisons historiques datant de la seconde guerre mondiale. Désormais, la production est entièrement électronique et en 1977, Bally sort son fameux Eight Ball à 20 230 exemplaires: un record battu de peu en 1992 par The Addams Family avec 20 270 Exemplaires.

     

    Dessiné par Paul Faris (un autre grand designer) et représentant la série TV très populaire Happy Days (Nipt-It vu dans la série) avec Fonzy en premier plan jouant au billard (thème portant chance à Bally). Même si le jeu n'a rien d'extraordinaire en lui-même, il mémorise pour la première fois, les cibles touchées par chaque joueur et remporte un franc succès. En 1978, le Lost World devient le premier flipper à posséder une glace à impression quadrichromie; et obtenir ainsi pratiquement tous les tons intermédiaires. Suivent une série de flippers qui marquent les esprits de cette fin des 70 avec des innovations techniques et des designs particulièrement léchés. Par exemple, le Six Million Dollar Man (autre série TV populaire) avec ses six joueurs, dessiné par Dave Christensen, et qui reste à ce jour le seul flipper électronique (Bally) avec six tableaux. Notons toutefois que Bally avait construit en 1966 le Six Sticks (jeu de hockey) permettant aussi de jouer à six. Les designers aussi vont alors s'en donner à coeur joie, avec le Kiss, le Harlem GlobeTrotters, le Nitro Groundshaker (remarquez certains détails typiques BD adulte chez Dave Christensen), le Playboy ou le Silverball. En 1979, le Paragon est le premier flipper large de la gamme Bally, d'autres suivent comme le Future Spa ou le Space Invaders.

     

     

    Au Début des années 80, Bally sort un autre de ses célébre flipper: le Space Invaders produit à 11 000 exemplaires. Le décor du plateau est particulièrement réussi et approprié. L'innovation tient surtout dans la glace car c'est une glace en relief avec des lumières tout autour: en fait, elle comporte plusieurs glaces transparentes superposées qui donnent, grâce à l'éclairage cet effet de perspective. Technique appliquée aussi au Xenon qui en plus parle avec une voix féminine et gémit lorsqu'on touche les bumpers. Tous les joueurs du Space Invaders se souviennent de sa banane centrale, qui au bout d'un certain nombre de passage allume le spécial et claque assez facilement. Surtout, quand la hausse de tir de revers (tir début flipper) est bien ajustée, mais gare au tir manqué: c'est du direct au trou. D'autre comme Mr. Marcel Dessailly (eh oui, le célèbre footballeur - voir son livre Capitaine) utilise carrément un allume gaz électrique pour se créditer directement des parties au compteur. Mais le Space Invaders directement inspiré du film Alien existait déjà sous forme de jeux vidéos, grâce bien sûr à l'électronique (ironie du sort). Il faut dire qu'à cette époque, flippers et jeux vidéos coexistent encore dans les cafés et salles de jeux, mais nous aurons l'occasion d'y revenir plus loin.

     

     

     

     

    Le Rolling Stones, dessiné par Greg Freres joue quelques morceaux des Stones (enfin des extraits) pendant la partie et le Mystic dessiné par Kevin o'Connor, le Frontier, le SkateBall ou le Viking continuent d'attirer les joueurs. En 1982, le Eight Ball Deluxe (toujours le billard) remporte un grand succès et demeure une référence en matière de jouabilité, notamment grâce à ses combinaisons de Special et à ses cibles escamotables présentes un peu partout. Un design un peu sobre somme toute, mais relativement facile à claquer en tant que flipper. La même année, Bally sort ou ressort le FireBall II, version électronique des 70. Certains y voient les signes avant-coureurs d'une chronique d'une mort annoncée, car les innovations se font maintenant plus rares. Pourtant, la même année Bally sort le Fathom, le Medusa au suberbe design, et le Centaur avec son look type Mad Max II. Le Centaur comporte une glace noir et blanc avec un peu de rouge (signe de recession peut-être). C'est aussi le premier multibille 5 billes. Malheureusement, la concurence féroce des jeux vidéos précipite la chute des fabricants de flipper, Bally essaye de résister en incluant un jeu vidéo dans le flipper, avec son Mr. et Mrs. Pacman.

     

     

    En 1983 Bally jete l'éponge et devient la Bally Midway. Le Centaur II est le premier flipper Bally Midway, avec une glace plus petite que d'habitude (excepté Mr. et Mrs. Pacman) et ne comportant pas de compteurs de points.

    Des années 30 aux années 80, la compagnie Bally a connu des difficultés et des succès imcomparables, et même si c'est celle qui a produit le moins de flippers, il n'en demeure pas moins que c'est la compagnie qui a marquée le plus son empreinte dans le monde du design des flippers et surtout des glaces de flipper. L'âge d'or qu'elle a connu dans les années 70 est amplement mérité: les glaces Bally sont beaucoup plus soignées et abouties et c'est certainement le talent de ses dessinateurs de génie qui a fait la différence.


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique